Promesse tenue : plus un cheveu sur la tête
Saison 2·Épisode 1·15/3 vs 15/4
Quatre défaites d'affilée. Les deux derniers matchs de la saison passée, puis deux premiers tours perdus pour ouvrir celle-ci - deux matchs que je n'ai même pas pu filmer, tombé sur des jeunes qui refusaient la caméra. Alors avant ce premier tour du Championnat Individuel 3e Série contre Frédéric, classé 15/4, je n'avais qu'une solution : si je perds ce match, je me rase la tête. Je me coupe tout. Comment tu veux gagner un match sinon ? La chaîne est de retour, et c'est aussi mon premier match en simple filmé depuis que je suis 15/3.
Le retour aux affaires
Il faut mesurer l'enjeu capillaire : les cheveux, je ne les ai pas coupés depuis le début de la chaîne, ça fait un an et deux mois. Autre nouveauté, le permis est enfin là, et ça a joué un vrai rôle dans ma reprise du tennis. L'an dernier, j'avais fait ce championnat en 4e série jusqu'en finale, perdue. Cette fois c'est la 3e série : premier tour à 17h, en indoor, trépied dans le sac parce que sans grillage, pas facile d'accrocher la GoPro. On arrive vingt minutes en avance - je suis assidu, le retour à la compétition ça ne rigole plus. Carla est en route et pas mal de monde doit venir me voir. Petite pression, mais c'est le but.
Un set d'égalités... qui finit 6-2
Fred - je l'appelle Fred sans son accord, il déteste ça - prend les devants : 2-0 sur un smash en arrière pas simple du tout. Et le scénario du match s'installe tout de suite : aucun jeu facile, que des situations d'égalité, encore et encore. Un jeu dure dix bonnes minutes. Le problème, c'est que Frédéric est bon dans les moments importants : sur tous ces jeux accrochés, il reste solide et il sort le service qu'il faut au bon moment. La marque des plus grands.
Moi, j'ai une balle de 4-3 dans le septième jeu - mon jeu, vous le savez - et je la gâche d'une balle un peu longue. J'ai pas le droit. Deux jeux plus tard, le constat est cruel : on était à un point de 4-3, c'est 5-2, et ça change tout. Je craque mentalement, physiquement c'est compliqué, et le premier set part 6-2. Sévère au tableau, mais il y a eu des batailles.
Le break, le clown, la tondeuse qui approche
Deuxième set, je réagis : break d'entrée, 1-0, très important de bien commencer. Et puis je fais du moi : un point d'anthologie complètement improbable, suivi dans la foulée d'un slice de revers long. Je n'ai pas le droit, tout simplement. Ajoutez un malentendu sur mon service - je termine tellement en avant que ma raquette frotte le sol, ça fait un bruit de let, ça m'arrive avec beaucoup d'adversaires et ce n'était pas du tout contre Fred - enchaîné d'une double faute, et je me transforme en clown.
En face, c'est de l'absolu cinéma : balles longues, slice, lift, beaucoup de volume, il crée des coups. Il est méritant, il s'encourage, il joue parfaitement. 5-1, trois balles de match, et il conclut : 6-2 6-1. Il m'a écrasé.
Promesse tenue
Au filet, j'ai l'explication : Frédéric a été 15/1, et il s'entraîne à Menton avec un groupe de joueurs entre 15/2 et 15/1. Son analyse est honnête : sur mes bons services et mes bons coups droits, on est au même niveau ; ce qui me manque, c'est la régularité et le revers. Lui, dès qu'il était en difficulté, il jouait simple : servir le jeu et attaquer mon revers. Bien joué à lui.
De retour à la maison, promesse tenue : la tondeuse est passée, plus de cheveux. Carla valide à moitié - « tu as vraiment un beau crâne » - entre deux comparaisons avec Avatar. Encore un premier tour perdu, une saison 2 qui commence mal... mais qui commence. Le prochain tournoi arrive vite.
Le match complet en highlights, avec mes réactions à chaud - et le passage de la tondeuse - est dans la vidéo.


