Le match où ma chaussure a fini sur le toit du club
Saison 1·Épisode 27·15/4 vs 15/5
Un mois et demi sans compétition, et enfin le retour : premier tour au TC Vespins, face à Nathan, 14 ans, classé 15/5 au moment du match. Le club a son charme : quatre terrains, chacun baptisé du nom d'un Grand Chelem, et on me donne le central - le terrain Wimbledon, je crois. Problème : c'est un des deux courts impossibles à filmer normalement. Solution de dernier recours, la caméra calée dans l'angle, en diagonale. Et franchement, ce point de vue est intéressant : ça change, on voit bien les effets, la vitesse est moins écrasée. Seul bémol, une fête bat son plein derrière le court - vous ferez avec, c'est comme les grenouilles. Dernier détail qui me fait toujours bizarre : Nathan avait déjà vu une de mes vidéos avant de me rencontrer.
Un premier set très tendu
Le début de match est bon et je prends l'ascendant jusqu'à 4-2. Au passage, une situation qui me ressemble : sur une balle que je vois faute, quelqu'un de la famille de Nathan fait signe depuis le bord du court. Dans le doute, on remet le point - et je le gagne. Il existe peut-être un dieu du tennis.
Nathan, lui, ne lâche rien : un bon jeu de service, des balles de débreak converties pour revenir à 4 partout, puis une balle pour passer devant, 5-4. Le set se tend, je recolle à 5 partout, je passe 6-5, et je conclus sur un contrepied. 7-5, au bout d'un premier set très accroché où il a un peu craqué sur la fin.
Trop gentil dans le deuxième
Le deuxième set part sur les chapeaux de roue : Nathan claque des retours monstrueux, je suis scotché. À 14 ans, il a déjà de la puissance, il est partout, il est souple. Une double faute au pire moment m'envoie à 1-3, puis rebelote côté annonces : j'ai un jeu à 40 pour recoller, je me remets encore en question, on repart à avantage Nathan et je perds ce jeu. 1-4. Je suis un peu trop gentil sur le court - ou alors amnésique.
Je m'accroche et je débreake : 3-4, plus de break. Mais mes montées à la volée ne payent pas ce soir-là, et mon revers en chantier me coûte quelques points - je fais un peu de la merde des fois, mais c'est comme ça qu'on essaie de passer un cap. Au service à 4-5, je cède face à deux balles de set : le set part chez Nathan, direction le super tie-break.
La chaussure sur le toit
Pas de troisième set dans ce tournoi : super tie-break en 10 points. Mon plan est clair : être offensif, ne pas jouer en lob, ne pas avoir peur - c'est comme ça qu'on les réussit le mieux. Et ça paye : 4-1, 6-2, puis 7-2. Superbe départ.
Et là, le moment le plus lunaire de la saison : je balance ma chaussure, elle s'envole sur le toit du club, dans la broussaille. Aller la chercher, c'est une mission secondaire - je décide de jouer en chaussettes. Sur un green set aussi abrasif, avec des cloques au pied, c'est du n'importe quoi. Nathan en profite, place un super amorti, et le temps que je retrouve ma paire, on est à 7-6. Puis 7 partout. Le faux rythme m'a coupé l'élan, la frustration monte - j'en rigole au montage, sur le moment pas du tout.
Je reprends les commandes à 8-7, égalité à 8 partout, et je m'offre une balle de match sur un point que je mérite. Nathan la sauve, mon coup droit sort d'un rien : 9 partout. Balle de match pour lui, je monte à la volée, et c'est la catastrophe. Quelle désillusion sur cette fin de match.
Bravo Nathan, et un scénario fou
À chaud, je suis vraiment très déçu : ce retour à la compétition méritait une autre fin qu'une balle de match envolée. Mais gros gros match de Nathan - un tennis joli à voir, du répondant, et une confirmation derrière puisqu'il montera ensuite 15/4. Et puis il reste le scénario : le jour où vous voyez quelqu'un balancer sa chaussure sur un toit et finir un match officiel en chaussettes, vous m'appelez. Ça, c'est dispo uniquement sur cette chaîne.
Le match complet en highlights, avec l'interview de Nathan à la fin et mes réactions à chaud, est dans la vidéo.


