Au bout du bout, la première victoire depuis des mois
Saison 2·Épisode 3·15/3 vs 15/3
Week-end chargé en tennis. Je pars en retard, quelques détours en route, et j'arrive au club vers midi : parking plein, monde de fou, mais un super club avec un beau club house et de beaux terrains. Au programme, un TMC - tournoi multi-chances, le format où même quand on perd, on continue de jouer, on a le droit à ce bonheur-là. Le tableau va de 15/3 à 15/1, et pour ce 8e de finale, premier match pour nous deux, je joue Matis, 15/3 comme moi. Conditions extérieures : beaucoup de vent, mais un beau soleil de février. Bonus du jour : ma sœur coprésente la voix off avec moi.
Un premier set qui fait un bien fou
Bon début de match de ma part. Je me découvre même un revers - c'est nouveau, du tennis new gen pour moi, pas naturel mais efficace. Je prends les devants 3-1, j'écarte des balles de débreak, et le set finit par tomber pour moi. Un premier set gagné, ça ne m'était pas arrivé depuis très très longtemps.
Soyons honnêtes : Matis m'a un peu donné dans ce premier set, trop de fautes de son côté - il le dira lui-même après le match. Mais je peux vous dire que ça fait énormément de bien mentalement. Quand on a envie de jouer au tennis, on prend les sets.
Matis change de visage
Au deuxième set, ce n'est plus le même joueur. Il monte en intensité, son pourcentage de première balle grimpe, il lâche des frappes atomiques même en seconde, et il se transforme en revers à une main avec beaucoup plus de longueur. Moi, je fais la serpillière sur le court, je me fais balader. Je laisse filer un jeu qui pouvait m'envoyer à 4-1 - à la place c'est 3-2, et ça change tout.
Je m'accroche quand même : je confirme mon break et je passe à 5-3. Je suis à un jeu de la gagne, moi qui n'arrive pas à gagner depuis des mois. Ça pourrait être une délivrance. À 5-4, je sers pour le match, à deux points de la victoire... et Matis joue l'acier. 5-5. Le stress de la victoire, on le connaît, il est presque plus dur que celui de la défaite : physiquement je suis en dessous, et lui est en train de m'assommer. 6-5, puis 6-6, et dans le jeu décisif c'est la panique à bord - ma balle meurt dans le filet, et je me retrouve dans un super tie-break. Ça me terrifie : les super tie-breaks, c'est un cauchemar.
Le super tie-break cauchemar
Je l'ouvre en mettant dehors une volée gagnante toute faite. Scénario catastrophe : il a clairement l'ascendant psychologique et physique. Pendant ce temps, la caméra nous lâche par deux fois - écran noir, on doit refaire les commentaires, ma sœur pousse des coups de gueule.
Ce sont les amortis qui me remettent dedans : j'en tente un, ça fonctionne, je réitère. À 6-6 je passe devant - moment important. Puis 8-6, un point ultra important, et me voilà avec trois balles de match. La première, je la joue de trop loin derrière, contrée. Sur la deuxième, je me parle : pas de stress, va vers l'avant, Maxence. Et ça passe. Je m'en sors dans ce match complètement fou. Au moment de débriefer avec Matis, je tremble tellement je suis fatigué.
Ce que cette victoire raconte
Un 15/3 contre un 15/3, en tournoi, au bout du bout d'un super tie-break très critique : c'est ma première victoire depuis des mois, et pour l'instant la meilleure de ma saison 2. Le niveau est là. Et bien joué à Matis, ultra fair-play du début à la fin - il s'excusait pour les lignes, revenait sur ses annonces. Ça donne envie de jouer au tennis, et ça tombe bien : format multi-chances oblige, le tournoi continue.
Le match complet en highlights, avec le duo de commentaires avec ma sœur et les réactions à chaud, est dans la vidéo.


