Comprendre le classement français
Le classement français a une particularité qui le rend unique : une seule et même échelle relie le débutant qui joue son premier tournoi au joueur professionnel. Quand j'ai repris la compétition classé 30/3, j'étais sur la même pyramide que les meilleurs joueurs du pays - juste beaucoup, beaucoup plus bas. C'est ce qui rend ce système aussi motivant : chaque victoire te fait avancer sur une échelle qui ne s'arrête jamais. Voici comment il fonctionne, avec mon propre parcours en exemple.
L'échelle des échelons
Le classement est une suite d'échelons. Tout en bas, NC (non classé), puis 40, la série des 30 (de 30/5 à 30), la série des 15 (de 15/5 à 15), puis les classements dits « négatifs » jusqu'aux joueurs de premier plan national. Monter d'un échelon, c'est passer par exemple de 30/3 à 30/2 - et chaque marche est plus dure que la précédente, parce que les adversaires progressent aussi.
L'échelle, de NC aux classements négatifs
Au-delà de -15 commencent les meilleurs joueurs français, jusqu'à la première série - l'élite nationale. Depuis juillet 2025, deux échelons intermédiaires (40/2 et 40/1) accueillent aussi les nouveaux compétiteurs entre NC et 30/5.
Les séries : des paliers dans la pyramide
Les échelons sont regroupés en séries. En simplifiant : la 4e série va de 40 à 30/1, la 3e série de 30 à 15/1, la 2e série de 15 aux classements négatifs, et la 1re série est réservée à une poignée de joueurs désignés au sommet - une nouvelle 5e série accueille par ailleurs les débutants depuis 2025. Ces séries ne sont pas que des étiquettes : elles structurent les compétitions. J'ai par exemple joué la finale du championnat individuel 4e série lors de ma première saison, puis découvert le championnat 3e série la saison suivante, une fois monté 15/3. Changer de série, c'est changer de monde : le niveau, l'intensité et la régularité des adversaires font un vrai bond.
Comment on monte (et descend)
Depuis la réforme d'octobre 2022, le classement est recalculé chaque mois, sur la base des résultats des 12 derniers mois. Le principe du calcul tient en trois idées. Un : chaque victoire rapporte des points, et elle en rapporte d'autant plus que l'adversaire est mieux classé que toi - battre un joueur deux échelons au-dessus vaut le double d'une victoire à échelon égal. Deux : c'est le classement de l'adversaire au jour du match qui compte, pas celui de fin d'année. Trois : la fenêtre glisse - un bon résultat te porte pendant douze mois, puis il sort du calcul. Conséquence directe : on peut monter en cours de saison… et redescendre si on arrête de jouer ou qu'on enchaîne les contre-performances.
C'est exactement ce que j'ai vécu : les fameux « matchs à enjeu », où une victoire fait basculer le classement virtuel. Mon exemple préféré reste ce match contre un 15/2 au Nice LTC : je savais qu'en cas de victoire, je passais 15/3. Ce genre de calcul mental avant un match, tous les compétiteurs français le connaissent par cœur.
Ce que mon parcours m'a appris sur le système
De 30/3 à 15/3 en une saison, voici ce qui a vraiment compté. D'abord le volume : le classement récompense ceux qui jouent - avec une poignée de matchs dans l'année, même gagnés, on ne monte pas. Ensuite les « perfs » : une victoire contre un joueur mieux classé pèse beaucoup plus lourd que dix victoires faciles ; ce sont mes victoires à échelon supérieur qui ont déclenché chaque montée. Enfin le format : les TMC (tournois multi-chances) garantissent plusieurs matchs contre des joueurs proches de ton niveau en un week-end - idéal pour construire un classement, et accessoirement mes meilleurs souvenirs de compétition.
Dernier conseil si tu débutes en compétition : ne calcule pas trop. Le classement mensuel bouge lentement, il lisse les bonnes et les mauvaises périodes sur douze mois. Joue, enchaîne les tournois, vise de temps en temps un adversaire mieux classé - le reste suit tout seul.